
On croit connaître Lucio Fontana à travers ses célèbres toiles fendues. Mais avant d’ouvrir la surface, Fontana a travaillé la terre, le volume, la cuisson, la matière. La Galerie Karsten Greve consacre une exposition à ses céramiques, réalisées entre les années 1930 et 1960, une facette moins connue mais essentielle de son œuvre.
C’est tout l’intérêt de l’exposition : montrer un Fontana plus physique, presque archaïque, où la modernité ne passe pas encore par le geste spectaculaire de la fente, mais par le contact direct avec la matière.
Avec French Painting, Michaël Borremans présente de nouvelles peintures dans l’espace parisien de David Zwirner. Le peintre belge y poursuit son art très particulier : une peinture techniquement superbe, presque classique, mais traversée par une inquiétude sourde.
Chez Borremans, tout semble calme au premier regard. Puis quelque chose se dérègle. Un visage, une posture, une lumière, un détail trop net. C’est une exposition pour ceux qui aiment la peinture quand elle ne se contente pas d’être belle.
Dominique Gonzalez-Foerster revient chez Chantal Crousel avec la chambre humaine & le sommeil électronique, nouveau volet de son projet la chambre humaine, déjà présenté à la galerie en 2021. L’exposition réunit aussi des œuvres d’Anísio O. Couto, Sarah-Anaïs Desbenoit, Mimosa Echard, Muyeong Kim, Matthew Lutz-Kinoy, Ji-Min Park, Rirkrit Tiravanija et Leïla Vilmouth.
Le titre est déjà une promesse : une chambre, du sommeil, de l’électronique, quelque chose d’humain mais légèrement déplacé. Gonzalez-Foerster sait créer des climats plus que de simples accrochages. On ne visite pas seulement une exposition : on entre dans une atmosphère.
Vhils ne peint pas vraiment : il enlève, gratte, creuse, taille. Avec L’interstice, l’artiste portugais Alexandre Farto, connu pour ses portraits creusés dans les murs, travaille autour du métro, du train et des espaces de passage. La Galerie Danysz présente l’exposition comme une réflexion sur ces “non-lieux” contemporains, entre solitude, proximité, routine et hasard.
C’est une exposition très accessible, au bon sens du terme. Même sans maîtriser tous les codes de l’art contemporain, on comprend immédiatement ce qui se joue : la ville comme peau, comme mémoire, comme surface abîmée.
La Galerie Lelong consacre Drawing from Life à Paula Rego, autour d’une période intense de son travail, entre 2005 et 2007, durant laquelle l’artiste se concentre presque exclusivement sur le dessin et la lithographie.
Paula Rego a ce talent rare : raconter sans illustrer platement. Ses images convoquent les contes, les légendes, les récits cruels, les souvenirs troubles. C’est du dessin, oui, mais chargé d’une puissance théâtrale et psychologique énorme.
À Lyon, la Fondation Bullukian présente Le Mur invisible de Sarah Jérôme, lauréate de la Résidence Bullukian-Fontevraud. L’exposition réunit des œuvres inédites inspirées du roman de Marlen Haushofer, publié en 1963.
C’est typiquement le genre d’exposition qui mérite le détour : intime, littéraire, sensible. Le “mur invisible” évoque autant l’enfermement que la protection, autant la solitude que la possibilité d’un monde intérieur. Un bon choix pour ceux qui aiment les œuvres silencieuses, mais pas faibles.
À Marseille, le MAC consacre une exposition à Louisa Babari avec AFRICA, une proposition immersive mêlant photographie, arts plastiques et création sonore. L’exposition explore les strates antiques et mythologiques de l’Afrique du Nord, entre histoire, fiction et mémoire. Les Musées de Marseille indiquent que l’exposition est gratuite.
C’est une belle proposition pour Marseille : méditerranéenne, historique, contemporaine. Une exposition qui dialogue avec la ville sans tomber dans le décor local.
À Nantes, la HAB Galerie accueille INTERSTELLAR. Ré-imaginer la Terre, exposition inscrite dans le cadre du Voyage à Nantes. Le projet invite à regarder la planète autrement, entre immensément lointain et extrêmement proche, avec les propositions d’une vingtaine d’artistes contemporains. L’accès est indiqué comme libre et gratuit.
C’est sans doute l’exposition la plus “grand format” de cette sélection régionale. Elle a ce côté immersif et accessible qui peut parler autant aux amateurs d’art contemporain qu’à un public plus familial ou curieux.
Aux portes de Toulouse, la Maison Salvan fête ses vingt ans avec L’adresse de la Maison, une exposition collective réunissant sept artistes qui n’y avaient encore jamais exposé. Le centre d’art annonce une exposition du 6 juin au 18 juillet 2026, avec vernissage le 6 juin.
C’est moins “grand nom international”, mais très intéressant pour ton angle ART1ST : un lieu de création, de résidence, de programmation locale, qui montre comment un centre d’art peut faire émerger des artistes hors des circuits parisiens classiques.
À Lille, Solid’Art revient pour sa 12e édition. Le salon rassemble environ 120 artistes sélectionnés, avec peinture, photographie, sculpture, street art, dessin ou sérigraphie. L’événement est en entrée libre et gratuite, et les ventes soutiennent la campagne vacances du Secours populaire du Nord.
Ce n’est pas une exposition au sens galerie blanche et cartel minimaliste. Mais c’est justement ce qui la rend intéressante : on y rencontre des artistes, on voit des œuvres accessibles, on sort de la posture intimidante du marché de l’art. Pour ART1ST, c’est même un excellent modèle à observer : art, public, prix abordables, cause sociale, rencontre directe.


